« Artistes à la Bastille » à Ménilmontant
8 juin 2026 | Exposition | Actualité

J’y serai de permanence
le mercredi 10 juin de 17 h 30 à 20 h
et le samedi 20 juin de 15 h à 17 h 30.

Marché de la poésie
Concerto pour marées et silence, revue
sera présente sur le stand 303 au Marché de la Poésie.
Rendez-vous du 3 au 7 juin 2026.
Mercredi 3 juin de 14h à 21h30
Jeudi 4, vendredi 5 et samedi 6 juin de 11h30 à 21h30
Dimanche 7 juin de 11h30 à 20h
(Même stand que l’an dernier, que je partage avec les éditions WALLADA, situé dans l’allée extérieure parallèle à la rue Saint-Sulpice. Premier stand qui fait l’angle de la place côté rue Bonaparte).
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Déjà un article,
de Murielle Compère-Demarcy :
Concerto pour marées et silence, revue, Poésie, n° 19 -2026 – Illustr. de couverture : La lampe du jour, Colette KLEIN
Il est des exergues qui ne se contentent pas d’introduire un livre mais en donnent d’emblée la tonalité profonde, comme la note tenue d’un diapason avant que ne s’élève l’orchestre. Celui de ce dix-neuvième numéro de Concerto pour marées et silence, revue en est l’illustration éclatante. Placés sous le signe de Romain Rolland — « Si la musique nous est si chère, c’est qu’elle est la parole la plus profonde de l’âme, le cri harmonieux de sa joie et de sa douleur » — les textes réunis par Colette Klein semblent répondre à cet appel venu de l’une des plus hautes conceptions de l’art : celle qui fait de la création un acte de connaissance, de partage et de fraternité humaine.
Avant même que ne retentissent les premiers accords de ce nouveau Concerto, avant que les voix des poètes, écrivains, essayistes et artistes plasticiens ne viennent déployer leurs registres singuliers, quelques vers de Colette Klein s’avancent à la manière d’un avant-dire, d’un seuil grave et lumineux à franchir :
Je vous laisse les mots
les mots qui ne terrassent
ni les armes ni la haine
Ne plus dire
Ne savoir plus dire
Ces mots résonnent longtemps après leur lecture. Ils ne délivrent aucun message univoque et demeurent volontairement ouverts à l’interprétation de chacun. Faut-il y entendre l’aveu d’une lassitude devant la répétition des catastrophes humaines ? L’inquiétude d’une parole qui se découvre parfois démunie face au fracas du monde ? Ou, au contraire, la transmission d’un relais, l’offrande des mots aux autres voix réunies dans cette revue, afin que demeure malgré tout une parole possible là où menacent le silence, la résignation ou l’oubli ?
La force de ces vers tient précisément à cette tension. Les mots n’abattent ni les armes ni la haine ; pourtant ils demeurent. Fragiles et nécessaires. Impuissants peut-être à changer seuls le cours de l’Histoire, mais capables d’empêcher que l’humain ne disparaisse tout à fait sous ses décombres.
Depuis le premier numéro paru en 2008, Colette Klein invite en effet ses lecteurs à écouter derrière « le silence du monde ». Cette formule pourrait résumer à elle seule l’aventure éditoriale qu’elle poursuit depuis près de deux décennies. Car écouter derrière le silence, c’est refuser les évidences assourdissantes, c’est demeurer attentif aux voix discrètes, aux souffles ténus, aux résistances secrètes de l’esprit. C’est aussi maintenir vivante une exigence humaniste qui traverse l’ensemble de son œuvre poétique, romanesque et picturale.
La paix demeure à cet égard l’une des préoccupations majeures de Colette Klein. Non pas une paix abstraite ou décorative, mais une paix sans cesse menacée, interrogée, confrontée aux violences du temps. Cette vigilance rejoint celle d’Albert Camus, dont elle apprécie la lucidité sans concession, son refus des aveuglements idéologiques comme son obstination à préserver l’humain au cœur des tragédies historiques. Elle rejoint également la parole de Léo Ferré, pour qui « le désespoir est une forme supérieure de la critique », formule qui éclaire peut-être aussi ces vers liminaires où l’inquiétude n’exclut jamais entièrement l’espérance. Et comment ne pas songer également à Edgar Morin, disparu en cette fin de mois de mai, immense penseur de la complexité humaine, dont l’œuvre n’a cessé de rappeler que la conscience de nos périls devait aller de pair avec la défense obstinée de notre communauté de destin ?
C’est dans cet horizon intellectuel et sensible que s’inscrit ce numéro 19. Plus d’une cinquantaine d’auteurs y apportent leurs voix, auxquelles répondent les créations de trois artistes plasticiens. Près d’une quinzaine d’écrivains y font également l’objet de notes ou d’articles. Certains contributeurs reviennent comme des compagnons fidèles dont la voix poursuit son chant au fil des années ; d’autres apparaissent pour la première fois et viennent enrichir la partition de nouvelles inflexions, de nouveaux timbres, de nouvelles couleurs. Ainsi le Concerto se renouvelle-t-il sans se renier, semblable à une marée dont chaque retour est à la fois familier et inédit.
À travers ses pages se déploie une véritable polyphonie. Les textes se répondent, se croisent, s’éloignent puis se rejoignent à nouveau, dessinant une géographie sensible où dialoguent mémoire et présent, méditation et révolte, contemplation et engagement. Chaque auteur y apporte sa nuance propre, sa respiration particulière, contribuant à cette vaste partition collective qui fait depuis longtemps l’identité de la revue.
On remarquera également le soin fidèle avec lequel Colette Klein continue d’y faire vivre la mémoire d’artistes et d’écrivains proches disparus en 2025 et 2026. Ces présences ne relèvent pas du simple hommage commémoratif. Elles demeurent actives au sein même de l’ouvrage, comme si leurs voix continuaient de participer au concert général, rappelant que la littérature et l’art savent parfois opposer à l’effacement une forme de permanence fraternelle.
Cette fidélité s’exprime notamment dans l’hommage rendu à Pierre Esperbé, auquel la revue demeure intimement liée. Son titre reprend en effet, avec l’autorisation de l’écrivain, celui de son ouvrage Concerto pour marées et silence, publié en 1974 aux éditions Guy Chambelland. Poète, romancier, nouvelliste, dramaturge, essayiste et animateur radiophonique, Pierre Esperbé demeure ainsi présent au seuil même de chaque numéro, comme une source dont le courant continue d’alimenter l’entreprise collective initiée par Colette Klein.
Ce dix-neuvième volume apparaît alors comme un vaste opéra humaniste où la parole devient musique, où les différences de styles et de sensibilités ne s’opposent pas mais composent ensemble une œuvre commune. Les voix s’y répondent au fil de trois mouvements — Moderato, Adagio, Allegro — déployant une myriade de nuances, de registres et d’émotions. Certaines avancent à voix basse, d’autres proclament, d’autres encore interrogent ou méditent. Toutes finissent par se rejoindre dans une même aspiration, qui constitue depuis l’origine la note fondamentale de ce Concerto : l’espérance obstinée d’un monde plus pacifique et plus humain.
À l’heure où tant de discours réduisent la complexité du réel à des oppositions simplistes, Concerto pour marées et silence, revue rappelle la nécessité de l’écoute. Écoute des autres, écoute du langage, écoute du silence lui-même lorsqu’il porte encore une parole à naître.
Et si les mots de Colette Klein placés à l’entrée de ce numéro semblent constater qu’ils ne terrassent ni les armes ni la haine, les quelques centaines de pages qui suivent démontrent pourtant qu’ils continuent d’accomplir autre chose, peut-être tout aussi essentiel : maintenir ouverte, envers et contre tout, la possibilité d’une conscience, d’une mémoire et d’une fraternité. C’est beaucoup. C’est même, en ces temps troublés, une nécessité.
Ce nouveau numéro de Concerto pour marées et silence mérite ainsi d’être lu non seulement pour la qualité et la diversité de ses contributions, mais parce qu’il constitue l’un de ces rares espaces où la poésie, la pensée et l’art continuent de dialoguer librement avec les grandes questions humaines de notre temps. Une revue qui, fidèle à sa vocation première, nous invite une fois encore à écouter « derrière le silence du monde ».
© Murielle COMPÈRE-DEMARCY (MCDem.)
Au-delà du chaos : nouvelle exposition des Artistes à la Bastille
7 avril 2026 | Exposition | Actualité

Vous êtes convié à venir découvrir cette nouvelle exposition où vous pouvez me rencontrer lors de mes permanences le vendredi 17 de 17 h à 20 h, le samedi 18 de 14 h à 17 h ou sur rendez-vous ou mieux encore pour le vernissage qui aura lieu le jeudi 16 à partir de 18 h 30.
EXPOSANTS :
B’SATY – Virginie BANAS – Franck BERTRAN – Claire BRUSADELLI – Liliane CAMIER – Dominique CONRAD – Denise DEMARET-PRANVILLE – Elli DROUILLEAU – Daniel DUHAMEL ARRAPEL – Laurence DUHAMEL – EFKHA – Jean-Luc FAURE – Jean-René FOURÉ – Colette KLEIN – Marie-Danielle KOECHLIN – Michel LEBOIS – Tild LOVI – Dany MASTERNAK – Nicolette MOYA – Sophie QUEYREL – Traute SCHMALJOHANN – Béatrice STRIOLO.
L’ange des séparations, roman, invité par les Mardis littéraires
30 décembre 2025 | Actualité
Rendez-vous le Mardi 10 février 2026 à 20 h
au 1er étage du Café de la Mairie (Place Saint-Sulpice – Paris 6e)
pour la présentation de deux livres parus en 2025 aux éditions Unicité.
Pour rappel les « Mardis littéraires » sont animés par Francis Mérino depuis la mort de Jean-Lou Guérin. Et je le remercie pour cette invitation.
1/ L’Ange des séparations de Colette Klein – éditions Unicité – 2025 – les romans parlent tous d’amour et de mort déclare la sœur du personnage central. L’Ange des séparations n’échappe pas à cette règle, qui met un homme solitaire en proie à la quête de plus en plus irrésistible d’une femme qu’il a aimée, et cela, dans un monde menacé par une guerre perpétuelle, si bien que son destin en vient à prendre une dimension universelle. La seule issue étant peut-être celle de l’art représenté par la sœur, peintre, et qui doit faire face à des démons qui la conduiront à sa perte. La recherche obstinée de son amour perdu lui fera découvrir qu’il s’est trompé, tant sur l’objet de sa quête que sur l’espoir d’une humanité apaisée.
2/ Souvenirs d’un chien perdu sans collier de Mathias Lair aux éditions Unicité (2025) – Quatre récits, quatre méditations sur la petite enfance, la vie et la mort : un fils retrouve la tombe de ses parents et la ville du paradis d’enfance ; un père meurt sur cette dernière parole : « on se rappelle ! »… au téléphone ?; un autre se réconcilie avec ses parents au cours d’une psychothérapie ; un grand-père apprend la vie à son petit-fils.
La quête
3 décembre 2025 | Uncategorized
En tapant l’un de mes premiers textes : « Un royaume à ta démesure » je redécouvre que le thème de la quête était déjà présent bien avant « L’ange des séparations ». Et je crois en fait qu’il ne m’a jamais quittée :
Extrait de ce roman terminé en 1972 :
« Tu ne m’empêcheras pas de rire, Olivier. De rire de toi, de rire de vous tous et du monde entier. Sais-tu seulement ce que c’est que le rire ? dis-le ! Avoue que pour toi tout doit être sérieux. De la naissance jusqu’à la mort, la vie n’est qu’une vaste entreprise, une fumisterie. Pourquoi accepteriez-vous si facilement qu’un être meure ? Rien n’est jamais irrémédiable pour qu’il faille se résigner. Rien, pas même la mort, surtout pas celle des autres.
« Chacun porte en soi un paysage sacré qu’il convient d’enrichir au jour le jour, en y laissant pousser des fleurs, en y traçant des chemins, les chemins ou les routes selon le temps. Et si tu veux que Dieu existe, et bien Dieu sera ce paysage. Le monde est peut-être une réalité, mais une réalité dissimulée par mille apparences qui ne demandent qu’à être détruites. Un miroir, tout au plus. Un miroir derrière d’autres miroirs édifiés par l’homme afin que la seule image visible du monde soit celle qu’il sache comprendre. Je ne veux pas m’en contenter, je veux comprendre les autres images, celles de mon inconscience et celles de la conscience d’autrui. Les autres ne sont peut-être qu’un rêve, mais est-ce à la vie de rompre ce mirage, et que faire lorsqu’elle n’est plus assez forte contre le rêve ? Vivre, n’est-ce pas pénétrer tout à coup la conscience des autres pour se forger une mémoire ? Mémoire. Mémoire d’or qui résonne en moi. Je veux être mémoire, mémoire des autres.
« Et la mort dans tout cela… et la mort ? Elle se conduit comme un train ravageur qui traverse la campagne. Les arbres ne savent pas qu’il s’agit de la mort, Les oiseaux ne le savent pas non plus, et ils continuent de chanter parce que le soleil demeure et que tout ailleurs, d’autres oiseaux chantent. Ils ne savent pas, personne ne sait. Et le train efface la conscience. Il passe devant le monde, et le monde est changé comme lorsqu’un rideau s’abat sur une scène de théâtre. Un décor s’efface pour nos yeux trop faibles mais le décor ne cesse d’exister. On croit que le paysage de chaque individu disparaît ainsi un jour ou l’autre. Mais que signifie cette mort ? Que signifie la mort de Laurent ? Je ne connais pas son paysage ; je l’ai vu. Le paysage qu’il portait en lui est aussi le mien. J’ai vu la mer se rouler de vagues en vagues sur des coquillages blancs. J’ai entendu la musique de Laurent et le chant de la mer se mêler pour construire un hymne à la joie. Je ressens la chaleur de ce paysage brûlant. Je m’y incruste et m’y installe. C’est un feu qui me nourrit. Je sais que bientôt je pourrai y pénétrer. Je traverserai une frange invisible, tendue entre ces deux réalités. À l’église, vous aviez tous des masques. Moi seul n’en portais pas. Clown insolent qui pleure, et qui rit, qui accroche à son visage une figure hilare. Voici la vérité : vous pleuriez et c’est vous qui sans le savoir, cachiez votre regard. Et c’est vous qui, sans le vouloir, désiriez la mort de Laurent. Ce que vous pouviez être drôles ainsi ! Oh ! ce tombeau ignoble où vous accepteriez votre propre mort !
« Rappelle-toi cette phrase de Nerval. Attends… oui, c’est cela : Je ne demande pas à Dieu de rien changer aux événements, mais de me changer relativement aux choses, de me laisser le pouvoir de créer autour de moi un univers qui m’appartienne, de diriger mon rêve éternel au lieu de le subir. Alors, il est vrai, je serai Dieu. Voilà la vérité ! Les hommes subissent leurs rêves. Très lentement, je construis le mien. Peut-être ai-je créé Laurent. La grande nuit n’est-elle que celle de ta mort, Laurent ? Ou bien, es-tu une parcelle de moi jaillie sur le monde en dérive ? Jour après jour, je t’ai créé en moi, et pourtant je ne parviens pas encore à t’atteindre. Je t’ai fait inaccessible. C’est la rançon de chaque être face à celui qui l’a créé. Musique. Tu es musique. Et je te poursuivrai au fond de chaque chant. Musique.
(…)
« Il me faut partir en quête. Un jour, sans doute, je te rencontrerai. Nos deux univers se superposeront. Un jour… de cela, je suis assuré. Et puisqu’aucune route ne m’a été enseignée, j’irai au hasard, selon le gré de mon inconscience.
….

