Marché de la poésie

30 avril 2026 | |

Concerto pour marées et silence, revue

sera présente sur le stand 303 au Marché de la Poésie.

Rendez-vous du 3 au 7 juin 2026.

Mercredi 3 juin de 14h à 21h30 
Jeudi 4, vendredi 5 et samedi 6 juin de 11h30 à 21h30 
Dimanche 7 juin de 11h30 à 20h

 

(Même stand que l’an dernier, que je partage avec les éditions WALLADA, situé dans l’allée extérieure parallèle à la rue Saint-Sulpice. Premier stand qui fait l’angle de la place côté rue Bonaparte).

 

 

 

 

Déjà un article,

de Murielle Compère-Demarcy :

 

Concerto pour marées et silence, revue, Poésie, n° 19 -2026 – Illustr. de couverture : La lampe du jour, Colette KLEIN

 

Il est des exergues qui ne se contentent pas d’introduire un livre mais en donnent d’emblée la tonalité profonde, comme la note tenue d’un diapason avant que ne s’élève l’orchestre. Celui de ce dix-neuvième numéro de Concerto pour marées et silence, revue en est l’illustration éclatante. Placés sous le signe de Romain Rolland — « Si la musique nous est si chère, c’est qu’elle est la parole la plus profonde de l’âme, le cri harmonieux de sa joie et de sa douleur » — les textes réunis par Colette Klein semblent répondre à cet appel venu de l’une des plus hautes conceptions de l’art : celle qui fait de la création un acte de connaissance, de partage et de fraternité humaine.

Avant même que ne retentissent les premiers accords de ce nouveau Concerto, avant que les voix des poètes, écrivains, essayistes et artistes plasticiens ne viennent déployer leurs registres singuliers, quelques vers de Colette Klein s’avancent à la manière d’un avant-dire, d’un seuil grave et lumineux à franchir :

Je vous laisse les mots
les mots qui ne terrassent
ni les armes ni la haine

Ne plus dire

Ne savoir plus dire

Ces mots résonnent longtemps après leur lecture. Ils ne délivrent aucun message univoque et demeurent volontairement ouverts à l’interprétation de chacun. Faut-il y entendre l’aveu d’une lassitude devant la répétition des catastrophes humaines ? L’inquiétude d’une parole qui se découvre parfois démunie face au fracas du monde ? Ou, au contraire, la transmission d’un relais, l’offrande des mots aux autres voix réunies dans cette revue, afin que demeure malgré tout une parole possible là où menacent le silence, la résignation ou l’oubli ?

La force de ces vers tient précisément à cette tension. Les mots n’abattent ni les armes ni la haine ; pourtant ils demeurent. Fragiles et nécessaires. Impuissants peut-être à changer seuls le cours de l’Histoire, mais capables d’empêcher que l’humain ne disparaisse tout à fait sous ses décombres.

Depuis le premier numéro paru en 2008, Colette Klein invite en effet ses lecteurs à écouter derrière « le silence du monde ». Cette formule pourrait résumer à elle seule l’aventure éditoriale qu’elle poursuit depuis près de deux décennies. Car écouter derrière le silence, c’est refuser les évidences assourdissantes, c’est demeurer attentif aux voix discrètes, aux souffles ténus, aux résistances secrètes de l’esprit. C’est aussi maintenir vivante une exigence humaniste qui traverse l’ensemble de son œuvre poétique, romanesque et picturale.

La paix demeure à cet égard l’une des préoccupations majeures de Colette Klein. Non pas une paix abstraite ou décorative, mais une paix sans cesse menacée, interrogée, confrontée aux violences du temps. Cette vigilance rejoint celle d’Albert Camus, dont elle apprécie la lucidité sans concession, son refus des aveuglements idéologiques comme son obstination à préserver l’humain au cœur des tragédies historiques. Elle rejoint également la parole de Léo Ferré, pour qui « le désespoir est une forme supérieure de la critique », formule qui éclaire peut-être aussi ces vers liminaires où l’inquiétude n’exclut jamais entièrement l’espérance. Et comment ne pas songer également à Edgar Morin, disparu en cette fin de mois de mai, immense penseur de la complexité humaine, dont l’œuvre n’a cessé de rappeler que la conscience de nos périls devait aller de pair avec la défense obstinée de notre communauté de destin ?

C’est dans cet horizon intellectuel et sensible que s’inscrit ce numéro 19. Plus d’une cinquantaine d’auteurs y apportent leurs voix, auxquelles répondent les créations de trois artistes plasticiens. Près d’une quinzaine d’écrivains y font également l’objet de notes ou d’articles. Certains contributeurs reviennent comme des compagnons fidèles dont la voix poursuit son chant au fil des années ; d’autres apparaissent pour la première fois et viennent enrichir la partition de nouvelles inflexions, de nouveaux timbres, de nouvelles couleurs. Ainsi le Concerto se renouvelle-t-il sans se renier, semblable à une marée dont chaque retour est à la fois familier et inédit.

À travers ses pages se déploie une véritable polyphonie. Les textes se répondent, se croisent, s’éloignent puis se rejoignent à nouveau, dessinant une géographie sensible où dialoguent mémoire et présent, méditation et révolte, contemplation et engagement. Chaque auteur y apporte sa nuance propre, sa respiration particulière, contribuant à cette vaste partition collective qui fait depuis longtemps l’identité de la revue.

On remarquera également le soin fidèle avec lequel Colette Klein continue d’y faire vivre la mémoire d’artistes et d’écrivains proches disparus en 2025 et 2026. Ces présences ne relèvent pas du simple hommage commémoratif. Elles demeurent actives au sein même de l’ouvrage, comme si leurs voix continuaient de participer au concert général, rappelant que la littérature et l’art savent parfois opposer à l’effacement une forme de permanence fraternelle.

Cette fidélité s’exprime notamment dans l’hommage rendu à Pierre Esperbé, auquel la revue demeure intimement liée. Son titre reprend en effet, avec l’autorisation de l’écrivain, celui de son ouvrage Concerto pour marées et silence, publié en 1974 aux éditions Guy Chambelland. Poète, romancier, nouvelliste, dramaturge, essayiste et animateur radiophonique, Pierre Esperbé demeure ainsi présent au seuil même de chaque numéro, comme une source dont le courant continue d’alimenter l’entreprise collective initiée par Colette Klein.

 

Ce dix-neuvième volume apparaît alors comme un vaste opéra humaniste où la parole devient musique, où les différences de styles et de sensibilités ne s’opposent pas mais composent ensemble une œuvre commune. Les voix s’y répondent au fil de trois mouvements — Moderato, Adagio, Allegro — déployant une myriade de nuances, de registres et d’émotions. Certaines avancent à voix basse, d’autres proclament, d’autres encore interrogent ou méditent. Toutes finissent par se rejoindre dans une même aspiration, qui constitue depuis l’origine la note fondamentale de ce Concerto : l’espérance obstinée d’un monde plus pacifique et plus humain.

À l’heure où tant de discours réduisent la complexité du réel à des oppositions simplistes, Concerto pour marées et silence, revue rappelle la nécessité de l’écoute. Écoute des autres, écoute du langage, écoute du silence lui-même lorsqu’il porte encore une parole à naître.

Et si les mots de Colette Klein placés à l’entrée de ce numéro semblent constater qu’ils ne terrassent ni les armes ni la haine, les quelques centaines de pages qui suivent démontrent pourtant qu’ils continuent d’accomplir autre chose, peut-être tout aussi essentiel : maintenir ouverte, envers et contre tout, la possibilité d’une conscience, d’une mémoire et d’une fraternité. C’est beaucoup. C’est même, en ces temps troublés, une nécessité.

Ce nouveau numéro de Concerto pour marées et silence mérite ainsi d’être lu non seulement pour la qualité et la diversité de ses contributions, mais parce qu’il constitue l’un de ces rares espaces où la poésie, la pensée et l’art continuent de dialoguer librement avec les grandes questions humaines de notre temps. Une revue qui, fidèle à sa vocation première, nous invite une fois encore à écouter « derrière le silence du monde ».

 

© Murielle COMPÈRE-DEMARCY (MCDem.)

 


Au-delà du chaos : nouvelle exposition des Artistes à la Bastille

7 avril 2026 | |

 

Vous êtes convié à venir découvrir cette nouvelle exposition où vous pouvez me rencontrer lors de mes permanences le vendredi 17 de 17 h à 20 h, le samedi 18 de 14 h à 17 h ou sur rendez-vous ou mieux encore pour le vernissage qui aura lieu le jeudi 16 à partir de 18 h 30.

 

EXPOSANTS :

B’SATY – Virginie BANAS – Franck BERTRAN – Claire BRUSADELLI – Liliane CAMIER – Dominique CONRAD – Denise DEMARET-PRANVILLE – Elli DROUILLEAU – Daniel DUHAMEL ARRAPEL – Laurence DUHAMEL – EFKHA – Jean-Luc FAURE – Jean-René FOURÉ – Colette KLEIN – Marie-Danielle KOECHLIN – Michel LEBOIS – Tild LOVI – Dany MASTERNAK – Nicolette MOYA – Sophie QUEYREL – Traute SCHMALJOHANN – Béatrice STRIOLO.


L’ange des séparations, roman, invité par les Mardis littéraires

30 décembre 2025 |

Rendez-vous le Mardi 10 février 2026 à 20 h

au 1er étage du Café de la Mairie (Place Saint-Sulpice – Paris 6e)

pour la présentation de deux livres parus en 2025 aux éditions Unicité.

Pour rappel les « Mardis littéraires » sont animés par Francis Mérino depuis la mort de Jean-Lou Guérin. Et je le remercie pour cette invitation.

 

1/ L’Ange des séparations de Colette Klein – éditions Unicité – 2025 – les romans parlent tous d’amour et de mort déclare la sœur du personnage central. L’Ange des séparations n’échappe pas à cette règle, qui met un homme solitaire en proie à la quête de plus en plus irrésistible d’une femme qu’il a aimée, et cela, dans un monde menacé par une guerre perpétuelle, si bien que son destin en vient à prendre une dimension universelle. La seule issue étant peut-être celle de l’art représenté par la sœur, peintre, et qui doit faire face à des démons qui la conduiront à sa perte. La recherche obstinée de son amour perdu lui fera découvrir qu’il s’est trompé, tant sur l’objet de sa quête que sur l’espoir d’une humanité apaisée.

 

2/ Souvenirs d’un chien perdu sans collier de Mathias Lair aux éditions Unicité (2025) – Quatre récits, quatre méditations sur la petite enfance, la vie et la mort : un fils retrouve la tombe de ses parents et la ville du paradis d’enfance ; un père meurt sur cette dernière parole : «  on se rappelle ! »… au téléphone ?; un autre se réconcilie avec ses parents au cours d’une psychothérapie ; un grand-père apprend la vie à son petit-fils.